[Interview] Jessica Marquez (Star Academy) : « Ça ne sert à rien de parler du passé »

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La musique est la langue des émotions selon Emmanuel Kant, et certaines personnes la traduisent mieux que d’autres. Nous avons eu le plaisir de rencontrer Jessica Marquez, chanteuse à la voix singulière. Forte de ses expériences, Jessica Marquez nous parle de son parcours d’artiste sans langue de bois. Aujourd’hui, loin des tumultes du show business, elle aspire à une vie tranquille dans le sud de la France tout en continuant sa passion, la musique. Jessica Marquez est une artiste complète et nous la remercions pour cette interview authentique.

– Jessica, nous t’avons connue sur TF1 à l’époque de la Star Academy, peux-tu nous expliquer ton entrée dans le château ?

J’avais fait Popstar 6 mois avant et j’ai failli ne pas faire le casting de la Star Ac car M6 et TF1 sont concurrents. Le casting a duré 6 mois. Il y avait la bande-annonce qui défilait après chaque programme à l’époque. Ma mère a envoyé une cassette à la production. Ils m’ont contactée et ont fait un portrait de moi. En août 2001, j’ai fait le gros casting et la production m’a fait comprendre que c’était bon et je suis rentrée dans le château pour vivre cette expérience un peu stressante quand même.

– Tu as été dans la promotion de Jenifer, Mario, Jean-Pascal etc… est-ce que tu as gardé des liens avec d’autres candidats ?

Oui avec Olivia, Patrice, Jean-Pascal. Jenifer on s’est recroisé car j’étais invitée sur une scène mais elle a gardé contact avec personne. On est pas dans la même vie, par contre, ça me saoule de revenir toujours à la Star Ac car je ne vis pas dans le passé. J’adore avoir 40 ans et ça ne sert à rien de parler du passé. Je suis dans le présent.

Ton album A fleur de peau sorti en 2003 a été très bien accueilli par la critique. Ta reprise de Maria Magdelena de Julie Pietri a également été un succès, pourquoi avoir quitté Universal par la suite ?

J’ai décidé de quitter Universal car je n’étais pas d’accord avec eux. Puis s’en est suivi une longue descente aux enfers… Les radios ne me suivent pas, car il y avait un quota Star Ac à l’époque. Il y avait Nolwenn, Jenifer qui cartonnaient déjà.  Je me retrouve alors dans une situation compliquée, je fais une tentative de suicide. Le métier ne veut pas de moi. Il y a des gens qui sont fans de moi mais pas de ma musique. De là, je rencontre Marc Chouarain et cette personne me parle de Spidart (label participatif) . Je signe en janvier et on récolte les 50.000 euros pour exécuter l’album. Je rentre en studio, tout se passe bien et là, la société est en faillite. Je ne peux pas récupérer mon travail, je n’ai plus mes bandes-sons. Je réussis a récupérer tout ça au bout de deux ans. Je rencontre un professionnel de la musique qui monte un label, je sors un single le 14 février « Conne d’Amour » mais personne ne passe le clip. Je fais de la promo mais ça ne marche pas. On arrive a faire tout de même une tournée de 13 dates. Au bout de 1 an, j’étais amère. Nous avons une date en Lorraine, ma région de naissance, et en fait c’était mon dernier concert, en septembre 2012. Encore une fois, le sort s’acharne, mais ce qui m’a sauvée, c’est d’être partie dans le Sud. En mai 2013, je décide de tout plaquer et de vendre tous les souvenirs de la Star Ac. Je n’ai plus grand chose matériellement parlant et je squatte un peu partout, je rencontre des gens spirituels et je rencontre surtout la musique du monde. J’ai appris une autre musique, je peux dire qu’à ce moment là, j’apprends mon métier. Par contre, je n’arrive toujours pas à me sédentariser et je rencontre à un moment un couple de musiciens qui font des concerts et là je chante, je me lâche, je fais du slame, je chante en espagnol. J’ai fait ça tous les vendredis pendant 1 an.

– Aujourd’hui, si tu devais refaire un album, il serait comment?

Avec de vrais instruments, des textes plus humains. Réunir toutes les races car il n’y a qu’une seule race, c’est l’être humain. Mais si je devais recommencer, je ferais un EP de 5 titres et je le vendrais sur le net direct. Plus personne n’achète de CD et c’est bien dommage. Par contre, je préfère aujourd’hui les chansons à texte, je n’ai plus l’énergie du chant. J’aimerais également faire du cinéma, de la figuration.

– Peux-tu nous parler de l’album  » Les filles du Calvaire », pourquoi ce titre ?

C’est une station de métro à Paris dans le 3 ème arrondissement. L’histoire est qu’un soir, je sors avec mes copines et je vois le nom de cette station qui me parle. C’était une façon de revendiquer ma liberté. Je n’ai jamais voulu être mariée, avoir des enfants, ce n’est pas moi. Je n’ai jamais vécu avec un homme, j’ai vu trop de femmes autour de moi souffrir pour un homme. Quand je suis arrivée dans le Sud, il s’avère qu’il y a plein de Calvaires (un calvaire est un monument catholique, un crucifix, croix sur laquelle est représenté Jésus crucifié), je fais des liens et les Filles du Calvaire est la dernière chanson écrite sur l’album. Si je reparle de cet album c’est parce que les gens me demandaient quand « est-ce que j’allais sortir un deuxième album? ». Je leur répondais, tu connais « les filles du Calvaire » ? J’ai tout écrit, ce sont mes textes. C’est un album familial, l’entourage est très important. D’ailleurs, Marc Chouarain m’avait demandé l’été dernier, si Paris me manquait, je lui avais dit « non » et finalement en décembre, je suis allée à Paris et nous avons réécouté l’album les « Filles du Calvaire » et il m’a dit « il n’a pas pris une ride cet album ».

– Est-ce que tu pourrais (re) participer à une émission musicale comme The Voice par exemple ?

Non parce que j’ai refusé The Voice et j’ai également refusé des émissions de télé-réalité. On m’a proposé de faire les Anges de la télé-réalité, hors de question !

– Tu vis dans le Sud avec ta mère, ta manière de consommer a changé, pourquoi ce changement ?

Le changement est venu dans le Gard. Ici tout est en circuit court, tu consommes différemment. Ma mère est dans le bio et j’ai arrêté de consommer tout ce qui est sucre blanc, je fais de la récup, j’ai banni le plastique. Comment ne peut-on pas avoir conscience de ce qui se passe ? Il faut agir.

– Est-ce que tu as un mot à rajouter ?

Oui , je suis déçue que certains médias aient juste repris mon « problème de poids ». Je me sens bien, je n’ai pas de traitement. Il y a des gens qui sont plus malades que moi. J’en ai parlé comme ça mais je ne pensais que ça allait faire le buzz. Ce n’était pas mon but.

L’album « Les filles du Calvaire » est disponible ici.

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