Jean-Marie Boursicot, entretien avec le fondateur de la nuit des Publivores

Jean-Marie Boursicot, entretien avec le fondateur de la nuit des Publivores
Le 24 mars 2018 aura lieu la nuit des Publivores au grand Rex. Comme chaque année depuis bientôt 38 ans, cet événement devient incontournable.

A l’occasion de cette soirée exceptionnelle, Potins.net a eu la chance d’interviewer le fondateur, Jean-Marie Boursicot.

Potins / Revenons un peu en arrière, de là où a commencé votre passion pour les films publicitaires. Vous aviez à peu près 10 ans, vous habitiez sur Marseille à cette époque et vous avez trouvé votre premier trésor, une affiche vantant les mérites du fromage le « carré frais » de Gervais. Ça a été une révélation pour vous ?

J.M.B/ C’était plus vers mes 6 ou 7 ans. J’ai vu une affiche vantant les mérites du Carré frais de Gervais, ça m’a fasciné et j’ai voulu en manger. Et après en avoir mangé je me suis dit que la pub ne mentait pas car c’était bon. Petit, j’allais dans un cinéma de quartier à Marseille, et j’étais fasciné par les pubs (durant l’entracte) mais j’étais également fasciné par le cinéma. J’allais voir l’opérateur, il me donnait les confiseries des bandes de films, ce qui ne servait plus à rien (pour eux). Voilà comment ma collection à commencer. Plus tard, lorsque j’ai commencé à faire mes études supérieures, j’ai écrit a beaucoup de gens ainsi qu’a des sociétés comme Total, Renault etc… pour qu’il m’envoie des bouts de pellicule de leurs pubs. Je me ruinais en timbres. En général, sur 100 lettres que j’envoyais, je n’avais que 3 réponses. J’ai le souvenir d’une dame, Mme Madeleine qui était chef d’un atelier, elle me gardait toujours 2 copies de films qui comptait jeter bien sûr.

Potins/C’est à partir de ce moment-là, que vous avez pris conscience que votre passion pouvait être également votre futur métier ?

J.M.B/J’ai continué mes études en droits des affaires à Aix en Provence et j’ai également fait mon service militaire. Mon père voulait que je sois expert-comptable, c’était quelque chose qui me terrifiait. J’ai fini mes études et j’ai décidé. J’ai écrit à des agences de publicités et en 1978, je suis entré chez Publicis. Ça a très mal commencé a vrai dire. J’étais sur un poste commercial alors que j’avais demandé d’être dans un poste créatif. J’ai abandonné quelque temps plus tard et je me suis dit, « j’ai une collection de 6000 films de 20 seconde chacun, je me lance dans la cinémathèque. » Cela n’a pas été simple car personne ne croyait en mon projet, donc je me suis lancé tout seul avec aucune subvention. Je devais trouver une salle pour faire un spectacle. Un peu plus tard, un monsieur a accepté de m’aider, il a accepté de me louer sa salle le Kinorama à Paris mais juste à partir de minuit, à l’époque c’était moins cher de louer quelque chose la nuit, plus maintenant. Comme les autres, il avait peine à y croire, j’ai fait quelques affiches et ça a marché ! A l’époque, il y avait un engouement publicitaire. Ça m’a permis de payer mon loyer et puis au fur et à mesure du temps c’est devenu un rendez-vous annuel. Les publivores ont commencé au Kinorama  pendant deux ans et au Rex à partir de 1984.

Potins/ comment vous est venu l’idée de créer cet événement « la nuit des publivores » ? C’est une belle histoire 37 ans après.

J.M.B/A l’époque, Antenne 2 avait diffusé un reportage dessus et petit à petit la nuit des Publivores s’est développé dans une quarantaine de pays.

Potins/ Comment est organisé cette nuit ? les publicités diffusées sont-elles les mêmes pour tous les pays et comment sélectionnez-vous ces pubs ?

J.M.B/À quelques exceptions près bien sûr, c’est un programme mondial. Il en existe trois versions : avec des sous-titres en français, en anglais et en espagnol. Pour ce qui est de la Russie par exemple, c’est le producteur qui procède lui-même au sous-titrage pour les 45 villes du pays. Je reçois 25 000 films sur 1 an, je choisis au coup de cœur. Je présélectionne ensuite 600 films puis 400 pour faire 6 heures de montage. J’essaie de varier les pubs, c’est très patchwork, il y a un certain mélange pour ne pas ennuyer les personnes. Durant les entractes, il y a du divertissement, de la musique, des concerts, très apprécié du public en règle générale.

Potins/Faites-vous passer des messages a travers ces spots publicitaires ?

J.M.B/On essaie de sensibiliser les gens à travers la publicité, notamment sur le Sida, sur le port de la fourrure etc… Je fais attention que les films soient appréciés en règle générale. Les Publivores c’est ma vitrine, on peut ne pas aimer mais lorsqu’on vient voir les publivores on vient voir des films atypiques, de la musiques fantastiques etc…

Potins/Avez-vous un dernier message à faire passer ?

J.M.B/Oui, j’en veux à mon pays, la France et surtout aux Banques enfin aux systèmes bancaires. J’ai travaillé pendant de nombreuses années avec le monde entier et depuis deux ans les banques françaises refusent les versements de mes clients étrangers. Les banques m’ont résilié en 48h, ils n’ont pas le droit. J’ai fait appel au médiateur, j’ai écrit à la banque de France, au ministre des finances à Mr Marcon. Je n’ai rien, aucune réponse de leur part et je reste bloqué dans cette situation. C’est incompréhensible.

 

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