Écroué de rire : Les deux vies de David Desclos

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david desclos stomy bugsy
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Le pari avait quelque chose de fou, mais après plusieurs mois de représentation et avant une tournée dans toute la France, le succès commence à être au rendez-vous. Il faut savoir que David Desclos n’est pas un humoriste comme les autres.

David Desclos le dit lui-même dit, il fait quelque chose de différent, de nouveau, et de surprenant. C’est une des premières paroles de son spectacle :

Je veux lancer mon propre concept : conteur de banditisme.

A 43 ans, David Desclos a en effet passé plus de dix ans dans différentes prisons en France. Son casier judiciaire est éloquent : cambriolages de banques, braquages, go-fast, etc. Une vie qu’il raconte avec beaucoup d’humour et une certaine tendresse pour ses compagnons d’infortune et l’homme qu’il était alors. Et surtout, il veut faire entendre qu’un euro gagné honnêtement vaut mieux que deux malhonnêtes. Spécialiste repenti de l’ouverture de coffres et des systèmes de surveillance, délinquant bien connu de la région caennaise, il vit maintenant à Argenteuil avec sa femme Nora et leurs trois enfants.

Tous les jeudis à Paris, au Théâtre du Gymnase, dans une mise en scène de Stomy Bugsy, l’ex-bandit multirécidiviste est dans son élément. Pendant une heure trente, seul, sans interruption et sur une scène à peine plus grande qu’une cellule, il raconte avec énergie sa vie d’avant, l’évasion, la cavale, la prison et sa prise de conscience.

David Desclos, le « Spaggiari de Caen »

Sur un sujet fascinant mais sensible, David Desclos veut parfois aller trop vite, et tout dire. Le comédien joue son spectacle depuis plusieurs mois et connaît sa partition. Le récit est ainsi bien écrit et haletant, mais lui parfois s’emballe dans sa diction. Par bonheur d’être là sans doute, et d’accomplir enfin sur scène tout ce qu’il a imaginé entre les murs d’une prison.

Alors, on rit beaucoup aux imitations de ses ex-complices ou de co-détenus. Il parle de « Jacky » avec tendresse, son acolyte de cambriolages. Il évoque son ami, « Mon Grillon », qu’il croise avant et après sa cavale, et qui veut absolument connaître la fin de l’histoire. Puis l’humoriste-ex-bandit raconte aussi les flics qui lui couraient après et le surnommaient « le Spaggiari de Caen ». Ces mêmes flics qui lui ont promis de venir le voir quand il se produirait à l’Olympia!

Une reconversion couronnée de réussite

Des personnages haut en couleurs, qu’il interprète avec brio, avec une mention spéciale à son imitation des juges en vautour. Sans inviter à se jouer de la loi et avec une bonne dose d’autodérision, il explique comment se débarrasser de menottes, ou encore comment éviter les barrages de police aux péages. Depuis son enfance dans un quartier difficile, il se livre entièrement dans un récit rocambolesque. Jusqu’à ce jour où, en cavale, il comprend que cette vie luxueuse mais clandestine ne peut plus continuer. Il fait alors la promesse à son amour de toujours, Nora, de « raccrocher » et se rend aux autorités. Les années de prison qui vont suivre vont lui permettre de se concentrer sur son projet : monter sur scène, exorciser son passé, et transmettre un message. Le comédien a ainsi réussi son pari, et son enthousiasme est communicatif.

Le spectacle se termine sous les applaudissements de la salle comble. Pour conclure,  David Desclos insiste sur le fait que par amour, travail et espoir, il est possible de revenir d’une telle vie. Il remercie l’audience d’être venue, et salue chacun à la sortie de la salle. Visiblement épuisé mais heureux, il promet de récidiver… dans un Ecroué de rire 2 !

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