[Interview] Les confidences de Sébastien Jamet, créateur de Levitation Free

Suite à sa release party au Bus Palladium le 23 mars, nous avons pu rencontrer Sébastien, 29 ans, qui compose, écrit et porte Levitation Free, son projet musical aux mélodies rock nappées de couches synthétiques planantes.

Dans son petit appartement du nord de Paris, il y a des guitares accrochées au mur, au-dessus de livres de poésie. Des vinyles de son EP aussi, des synthétiseurs. C’est au milieu de tout ça que Sébastien, qui compose, écrit et porte Levitation Free, parle avec entrain et humour de sa musique, de ses expériences et de son invitation à la joie.

D’où vient le nom et l’inspiration de Levitation Free ?

J’adore l’état d’esprit du voyage, le thème de l’évasion est quelque chose qui m’intéresse. Je suis de Bretagne, et la mer m’inspire aussi beaucoup. Il y autre chose de déterminant qui a fait Levitation Free. J’ai travaillé une première fois en 2014 dans un centre de rééducation, l’été, avec des gens paralysés et tétraplégiques. Avec l’équipe de bénévoles et une équipe de plongeurs, on les aide à découvrir la sensation d’être dans l’eau, sous l’eau, comme en apesanteur. Pour eux c’était un moment exceptionnel, et pour nous aussi, de voir le bien immense que cela leur procurait. J’essaye avec ma musique de retrouver cet état de bien-être.

Ta musique cherche de ces sensations heureuses ?

Oui, complètement. Avec le voyage, l’évasion, il y a quelque chose de libérateur dans ce que j’essaye de faire. C’est une invitation optimiste. Il y a quelque chose d’étrange, on me dit que je propose quelque chose d’optimiste alors que j’ai 29 ans, sous-entendu que ma génération va plutôt être plus triste, plus sombre. Moi j’aime le côté naïf, innocent, optimiste de la jeunesse. Je persiste à croire que tout est possible, même si, avec le temps, on est comme anesthésiés par les mauvaises expériences.

C’est ce que propose The World Is in Your Hands, de surmonter les malheurs et trouver la sérénité ?

L’histoire de cet EP et de ce morceau est très personnelle. Je n’ai pas vraiment connu mon père. C’était quelqu’un de très isolé, qui n’a jamais eu beaucoup de ressources. Lorsqu’il est décédé, il venait juste d’hériter d’un petit peu d’argent, qui m’est donc directement revenu. Cela m’a aidé pour faire l’EP. Il ne m’avait jamais aidé dans la vie, et finalement il m’a comme rendu ce service, peut-être au moment le plus important. C’était un sentiment étrange, mêlé de tristesse et de soulagement, et en même temps quelque chose d’harmonieux s’est mis en place.

Pour The World is in your hands, j’avais deux couplets et puis la mélodie s’arrêtait là. Et je me disais que ça n’allait pas, qu’il manquait quelque chose, sans trouver d’autres paroles. Quand mon père est décédé, il avait très peu d’entourage, et je me suis retrouvé seul pour disperser ses cendres, face à la mer. A ce moment précis, j’ai repensé à ce qu’il me manquait pour finir ce titre, et j’ai trouvé. D’une certaine manière, je tenais là le monde entre mes mains. Le dernier couplet vient de ce moment, et j’ai voulu en faire ressortir quelque chose de positif.

Comment as-tu découvert la musique, et décidé de t’y consacrer entièrement ?

Je joue un peu de tout. Pas forcément très bien, mais un peu de tout (rires) ! J’ai commencé à 20 ans avec la guitare. C’était pour reconquérir mon ex partie avec un musicien. Ce qui n’est jamais arrivé ! Je l’ai perdue mais j’ai gagné la musique, puisque j’ai continué la guitare (rires). C’est autour de 25 ans que j’ai vraiment compris que j’aimais ça. J’ai ensuite fait un groupe avec des potes, deux Bretons un Corse, c’était vraiment cool. Petit à petit, je me suis ouvert à beaucoup de choses, j’ai acheté un premier petit synthé, et à partir de là je n’ai plus arrêté.

Il y a des groupes qui t’inspirent particulièrement ?

En 2015, j’ai découvert Tame Impala, ça a été un choc. Quand je suis parti aux Etats-Unis à 21 ans, j’ai découvert Pink Floyd, Morrisson, Jefferson Airplane, le blues aussi. Ce sont des univers et des sons qui m’ont fortement inspiré. En ce moment j’écoute beaucoup de funk, de la disco aussi et un peu de trap ! J’ai toujours aimé tous les genres, je suis très curieux.

Tu écris tous tes textes en anglais, et il y a pas mal de livres de poésie dans ta bibliothèque.

Comme pour la musique, j’adore les poètes américains. Bukowski, Kerouac, Ginsberg. J’aime bien aussi Lord Byron, William Blake. Ca m’inspire beaucoup pour l’écriture, et aussi pour bien écrire en anglais. En fait, j’ai toujours lu et écouté beaucoup d’artistes en langue anglaise. Il y a beaucoup de travail sur les textes, toutes les paroles sont réfléchies et ont du sens. Je suis parfois allé chercher du vieux vocabulaire anglais ! Je ne le fais pas simplement parce que ça sonne bien.

Levitation Free c’est du son, mais aussi de la vidéo et de la danse sur scène.

Je le prends comme un tout. Tout m’inspire, je recherche plein de choses tout le temps. Par exemple, pour la danse, j’ai découvert un blog de danse, avec des vidéos de chorégraphies. J’ai contacté la personne pour lui parler de mon projet de chorégraphie pour le morceau The World Is in Your Hands. C’était un défi, ce n’est jamais facile de danser sur du rock. Levitation Free c’est un univers complet, et c’est un message : vas-y, fais ce que tu veux ! Tu veux danser de la tektonik, lâche-toi ! (rires)

Se lâcher, être heureux, c’est le message ?

Bien sûr, tant que ce que tu fais est sincère, il n’y a rien à craindre. Ce que je veux transmettre, c’est des « ondes de love » comme dirait Van Damme ! (rires).

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