Stérilet Mirena, plusieurs femmes dénoncent des effets indésirables inquiétants

Stérilet Mirena, plusieurs femmes dénoncent des effets indésirables inquiétants
Après la vague de choc sur les effets indésirables de la pilule, c’est maintenant le stérilet Mirena qui est concerné. D’après une enquête de l’ANSM plusieurs femmes sont touchées par de violents effets secondaires.

Depuis plusieurs jours, on entend beaucoup parler du stérilet Mirena suite à des témoignages de plusieurs femmes. En effet, ces dernières en ont rencontré plusieurs et ce sont souvent les mêmes qui reviennent : vertiges, états dépressifs voire même épisodes anxieux.

Plusieurs femmes porteuses du stérilet et touchées par ces effets secondaires ont décidé de créer une association en mai 2017 appelée Stérilet Hormones Vigilance. Présentes également sur Facebook avec le groupe Victimes du stérilet hormonal Mirena, elles ont réussi à pousser l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé (ANSM) à mener une enquête pour réévaluer les données de sécurité du traitement. Une action qui a été possible grâce à la médiatisation de leur groupe et au nombre d’inscrits qui avoisinent les 13 000 membres.

La médiatisation comme cheval de Troie

La date de création de leur groupe en mai n’est pas anodine. C’est à cette époque où les plaintes et les témoignages concernant les effets indésirables causés par le stérilet explosent. Un traitement qui est pourtant mis en place depuis plus de 20 ans – mise en vente en 1997 – et qui a connu dans cet espace temps près de 510 déclarations d’effets indésirables mentionnées sur la notice. On y trouve entre autres des migraines, des nausées, une prise de poids ainsi que des douleurs dorsales. Aujourd’hui, le nombre de cas déclarés a été multiplié par 5. L’organisation ANSM parle ainsi de :

2714 cas, dont 1789 rapportés comme graves par des femmes, ayant des conséquences sur leur vie familiale, professionnelle ou sociale.

Alors, à quoi est due cette soudaine hausse de cas ? Selon l’ANSM, si le nombre de déclarations a augmenté, ce serait en partie à cause des réseaux sociaux qui via la médiatisation en mai, a poussé les gens à s’exprimer. Séverine Voisin, attachée de presse de l’ANSM raconte :

Ça a été l’une des actualités fortes de la mi-mai, sur les réseaux sociaux comme dans les médias, ce qui peut en partie expliquer cette situation, car la médiatisation encourage les déclarations. Ce qu’il faut aussi prendre en compte, c’est qu’en 2011, nous avons mis en place un portail de vigilance. Cela a simplifié le processus : les patientes peuvent désormais signaler des effets indésirables en ligne. Avant, il fallait remplir des formulaires, et c’était généralement le médecin qui s’en chargeait.

De nouveaux effets secondaires inquiétants

Par conséquent, c’est cette même médiatisation qui a poussé l’ANSM à mener une enquête de pharmacovigilance. Selon Séverine Voisin, l’enquête a permis de comprendre la cause de ces effets indésirables mais aussi d’en découvrir d’autres tels que le psoriasis et de l’hypertension intracrânienne.

Il était de notre devoir de comprendre ce qui s’était passé. […] d’autres signaux nécessitant des investigations complémentaires, comme l’arthralgie (douleur au niveau des articulations), l’érythème noueux (inflammation du tissu graisseux sous-cutané), le psoriasis et l’hypertension intracrânienne (HTIC).

Une enquête complémentaire pharmaco-épidémiologie sera également menée pour constater à quelle fréquence ces effets indésirables se manifestent-ils. Ils expliquent que :

Nous voulons analyser ce phénomène de façon plus fine, avoir une idée de la fréquence de ses effets secondaires. Jusqu’ici, nous nous sommes seulement basés sur des déclarations : c’est au bon vouloir des patientes et des médecins. Nous allons donc étudier les données de l’Assurance Maladie. Un bon indicateur est la prescription d’anxiolytiques.

Et finissent par ajouter que :

Il ne faut pas oublier que les données récoltées jusqu’à présent sont uniquement déclaratives. Les chiffres rapportés ne sont ni exhaustifs, ni totalement exacts : ils ne sont qu’un outil. Il faut garder à l’esprit que la plupart du temps, ces effets indésirables sont sous-déclarés.

Pour l’heure, nous ignorons quand est-ce que l’étude complémentaire sera publiée mais de réelles questions concernant les moyens de contraception se posent. On constate que les contraceptifs remis en cause sont souvent d’origines hormonales. Ces derniers ont de moins en moins de succès auprès des femmes qui s’y opposent volontairement. En effet, ces dernières sont fatiguées de voir leurs corps intoxiqués par ces produits dont les substances restent la plupart du temps méconnues et d’en subir les conséquences quitte à mettre en danger leur santé. Preuve de ce ras-le-bol général, la possible mise en vente d’une pilule contraceptive sans hormones et à base de plante semble intéresser de très nombreuses femmes, prêtes à essayer ce nouveau moyen de contraception.

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