Choc toxique : Tout ce qu’il faut savoir, faire et ne pas faire pour s’en prémunir

Choc toxique : Tout ce qu’il faut savoir, faire et ne pas faire pour s’en prémunir
Le terme "choc toxique" a fait son apparition dans les années 1980 suite aux premiers incidents reconnus. Une étude publiée en janvier 2018 livre la vérité sur le syndrome du choc toxique (SCT).

Symptôme d’une mauvaise utilisation des tampons et coupes périodiques durant la période des règles, le choc toxique est encore méconnu du grand public. Est-ce dû à la composition des tampons ou à une bactérie propagée dans le sang ? Il est facile de se perdre dans le flot d’informations véhiculées.

Pour faire la lumière sur ce mal foudroyant mais peu fréquent, Santé Publique France a réalisé une étude publiée en janvier 2018. Une expertise menée sur cinq patientes âgées de 12 à 21 ans ayant souffert du choc toxique entre 2013 et 2016 dans le Pays de la Loire. Les résultats parus dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), permettent de déduire plusieurs facteurs à l’origine du déclenchement. Cela permet de connaître quelques règles d’hygiène élémentaires à respecter pour éviter de provoquer le fameux choc.

Le choc toxique est une maladie

Contrairement aux idées reçues, le choc toxique définit un syndrome qui n’est pas systématique. Il est le plus souvent engendré par le port d’un tampon sur une trop longue durée. Ce qui entraîne une culture de bactéries qui produisent une certaine toxine pénétrant dans le sang d’une minorité de femmes non immunisées. Des bactéries qui peuvent déclencher une dangereuse inflammation.

A l’origine, une toxine produite par une bactérie

Certains l’ignorent mais le choc toxique en question est en réalité dû à la présence d’un seul type de bactérie, bien connue pour son implication dans nombre de maladies et infections mortelles : le staphylocoque doré. Mais ce n’est pas ce dernier qui cause le choc. En effet, c’est la toxine qu’il produit lorsqu’il atteint une certaine concentration dans le sang accumulé dans les protections intra-vaginales. Cette toxine dite « staphylococcique » possède la capacité de traverser les parois du vagin pour entrer dans le sang.

Le professeur Gérard Lina, médecin au Centre national de référence des staphylocoques et président de la Société française de microbiologie précise :

Avec le sang menstruel, le staphylocoque se procure tous les nutriments nécessaires à sa multiplication. Sa croissance est d’autant plus favorisée lorsque le sang est bloqué au niveau du vagin par un tampon ou tout autre dispositif intra-vaginal comme la coupe menstruelle

Il indique également que le PH (acidité) du vagin qui empêche d’ordinaire le staphylocoque de proliférer n’est pas le même que celui du sang menstruel, de PH neutre, idéal pour la multiplication de la bactérie. La composition des tampons ne serait donc pas en cause. Mais selon le taux d’absorption du modèle, il est nécessaire de le changer plus ou moins fréquemment.

1% de femmes touchées et 80% de réanimations

Le Centre national de référence des staphylocoques des Hospices civils de Lyon a fait part d’une réalité. En 1999, seuls 2 cas ont été déclarés, contre 5 en 2004 puis 19 cas de choc toxique enregistrés en 2014. Mais selon le Dr Lina, cette augmentation n’est sans doute pas due à une progression de la maladie qui reste rare, mais à une meilleure prise en compte du syndrome :

(…) Et cela reste une maladie exceptionnelle car seules 1% des femmes sont porteuses du staphylocoque doré qui peut être à l’origine de l’infection et la grande majorité d’entre elles ont naturellement acquis des anticorps contre cette toxine.

Sur 113 cas enregistrés au centre, il y a eu un décès mais surtout 80% des femmes touchées ont dues être admises en réanimation.

Symptômes et manifestation cliniques du choc

L’étude a permis de mettre en avant plusieurs symptômes, qui sont d’autant plus dangereux qu’ils ne sont pas gynécologiques. “Un piège” selon le Dr Lina. Poussée de fièvre dépassant les 38,9 C°, sensation de grande fatigue, vomissements et diarrhées peuvent être des signaux. Mais le plus probant resterait une impressionnante éruption cutanée selon le professeur.

La patiente devient toute rouge comme si elle avait un énorme coup de soleil. 

Mais pour les patientes atteintes, les réjouissances ne feraient que commencer. Le corps réagit en en concentrant l’irrigation sanguine dans les organes vitaux, tels que le cœur et le cerveau. Il est donc fréquent que le choc entraîne des nécroses et donne lieu à des amputations, comme le mannequin californien Lauren Wasser a pu en faire l’expérience en 2012.

Précautions sanitaire : Se changer souvent et se laver les mains

A la suite de l’étude, Santé Publique France a rappelé quelques règles à respecter pour prévenir tout risque.choc-toxique-tout-ce-quil-faut-savoir-faire-et-ne-pas-faire-pour-sen-premunir

Premièrement, il faudrait avant tout porter ses protections durant la période et le temps conseillés. Les médecins préconisent une durée limitée à 8 heures de port par tampon, exclusivement après le début des règles. Le Docteur Bruno Hubert témoigne.

On s’est rendu compte qu’une des jeunes filles portait un tampon avant ses règles, ce qui est déconseillé.

Ensuite, il faudrait veiller à se laver les mains non seulement après le changement du tampon mais surtout avant.

 On peut avoir des bactéries sur la peau, notamment des staphylocoques dorés, qui sont souvent nombreux au niveau du nez.

Se toucher le visage et aller aux toilettes sans se laver les mains au préalable durant la période menstruelle serait donc un comportement à bannir d’urgence, si ce n’est pas déjà le cas.

Enfin, en cas du moindre doute, Santé Publique France conseille de retirer immédiatement le tampon. Un tampon à remplacer par une serviette puis se rendre à l’hôpital pour être examinée au plus vite. Afin de faciliter d’éventuelles analyses, il est recommandé de conserver le tampon suspect pour le faire examiner par un laboratoire.

Plus sur le sujet

People(s) lié(s) à cet article :