L’enseigne Lidl renvoie un manager pour excès de zèle

L’enseigne Lidl renvoie un manager pour excès de zèle
Alors qu'il travaillait depuis douze ans en tant que directeur dans un supermarché de la chaîne Lidl, la direction a choisi de séparer de Jean car il travaillait trop. Retour sur son histoire qu'il a racontée à la radio.

Jean a reçu sa lettre de licenciement en juin dernier. Directeur de magasin à Barcelone, il ne s’attendait certainement pas à être renvoyé pour la raison invoquée. En effet, après avoir visionné les caméras de surveillance au mois d’avril, ses supérieurs ont noté que Jean se présentait très souvent en avance de ses horaires de travail. Ce qui lui faisait effectuer des heures supplémentaires non payées alors que cela est contraire au règlement de Lidl.

Sans avoir été préalablement averti, l’employé a directement reçu sa lettre de licenciement dans laquelle il était indiqué, qu’avant de pointer, Jean « faisait les commandes, changeait les prix ou réapprovisionnait des palettes entières d’articles ». Lidl ajoute avoir également reçu des plaintes d’employés à qui Jean demandait d’arriver plus tôt. En outre, à plusieurs reprises, le directeur était seul, ce qui est également interdit pour des raisons de « sécurité ».

Licencié sans prévenir

L’ancien directeur de magasin s’expliquait dans l’émission de radio Hoy por Hoy :

J’arrivais entre vingt minutes et une heure et demie avant d’ouvrir le magasin, pour tout préparer. Je suis responsable de mon travail, j’aime faire les choses bien et j’étais là en avance pour m’organiser. Ils m’ont directement renvoyé.

Il considère son licenciement injuste et exige que l’enseigne allemande le réengage. Il a également signalé l’hypocrisie de son ancienne direction, qui ne cessait de lui mettre la pression pour atteindre les objectifs de vente, comme le révèle le quotidien espagnol El País.

Jean s’est également défendu, lors de son procès qui s’est tenu mercredi, d’avoir invité ses employés à se présenter plus tôt que les horaires prévus. Il a ajouté que la société ne lui a jamais fait savoir qu’il ne pouvait pas arriver « un peu plus tôt pour préparer le magasin et être capable de gérer efficacement l’ouverture ». Son avocat, Juan Guerra, rappelle que si Jean s’est détourné de la procédure, ce n’était pas « précisément » à son avantage, mais « au profit de l’entreprise ».

Mon client a curieusement été puni parce qu’il travaillait trop et faisait des efforts pour que le magasin fonctionne correctement.

L’ex-employé déclare également que travailler plus que le compte n’était pas habituel non plus. Il a été forcé par les circonstances. Les jours précédant son renvoi, la restructuration du magasin avait été entreprise et  » ils (la direction) avaient conscience que ces changements exigeaient du temps et du dévouement ».

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