L’interview sans concession d’Anne Roumanoff pour ses 30 ans de carrière !

L’interview sans concession d’Anne Roumanoff pour ses 30 ans de carrière !
Son meilleur et son pire souvenir, les rêves qui lui restent à réaliser, la déprogrammation de « Ça pique mais c’est bon »… Anne Roumanoff est revenue pour nous sur sa personnalité, son actualité et ses projets en se prêtant au jeu des questions réponses. Découvrez-en plus sur l’humoriste qui, après 30 ans de carrière, nous réserve encore bien des surprises.

En 1987, Anne Roumanoff entamait une tournée de neuf mois pour son premier one woman show Bernadette, calme-toi ! 30 ans plus tard, c’est en humoriste reconnue aux talents incontestables qu’elle s’apprête à retrouver la mythique scène de l’Olympia le 4 novembre prochain. L’occasion pour celle que l’on surnomme la dame en rouge de célébrer son incroyable parcours en jouant la dernière date parisienne de son spectacle Aimons-nous les uns les autres… qui connaît un immense succès depuis sa création en 2015.

Le plume de plus en plus aiguisée, Anne Roumanoff a une habileté sans pareille pour taper là où parfois ça fait mal… et ça fait du bien ! La preuve en est que le public, toujours au rendez-vous, ne cesse d’en redemander quand, de son côté, elle ne cesse de donner.

Première femme à entrer dans la collection des Pensées, co-fondatrice du site Youhumour, en tournée dans toute la France, auteure de chroniques pour Le Journal du Dimanche et Reader’s Digest, présente dans Vivement Dimanche de Michel Drucker pour son cultissime Radio Bistro, chef de bande sur Europe 1 avec l’émission Samedi Roumanoff, elle est également en préparation d’un long métrage sur les femmes de 50 ans.

Anne Roumanoff évoque son amour du métier

Avec un emploi du temps aussi chargé, nous avons été surpris d’avoir eu la chance d’échanger quelques mots avec celle à qui l’on a alors logiquement demandé :

Vous considérez-vous comme hyperactive ?

Oui je crois… je ne sais pas. Je suis active après j’ai des moments où je me repose aussi parce que j’ai des coups de barre. Il peut m’arriver de faire la sieste l’après-midi par exemple. Je ne suis pas survoltée mais c’est vrai que j’aime beaucoup ce que je fais et j’aime bien avoir plein d’activités. J’ai la chance d’aimer mon métier et que ça marche alors pourquoi s’en priver ?

Y-a-t-il une raison à cette envie d’être sur tous les fronts ?

Ce n’est pas une envie d’être sur tous les fronts. Ce sont des opportunités qui se présentent. Si je pense que je suis capable et que cela ne m’ennuie pas mais au contraire me donne du plaisir, je le fais. J’aime bien écrire, j’aime bien jouer donc c’est chouette de pouvoir le faire.

Une rentrée au rythme moins soutenu mais plus soutenable

Bourreau de travail comment, en dépit de bonnes audiences, avez-vous pris la déprogrammation de votre émission quotidienne Ça pique mais c’est bon sur Europe 1 pour un rendez-vous hebdomadaire avec le retour de Samedi Roumanoff ?

Au départ, quand Europe 1 m’avait recontactée il y a un an et demi, je leur avais proposé de reprendre Samedi Roumanoff. C’est eux qui avaient insisté pour que je vienne tous les jours. C’est vrai que les audiences étaient bonnes mais entretemps, la direction a changé. Sur le coup, une émission qui s’arrête on se dit mince, mais franchement depuis la rentrée j’ai l’impression de revivre. J’ai beaucoup aimé faire cette quotidienne mais je n’ai pas vu le jour pendant un an. Le soir je prenais beaucoup de temps à regarder l’actu, à écrire, à superviser l’émission du lendemain… Une émission quotidienne c’est comme une roue qui ne s’arrête jamais. En plus sept fois par semaine c’était quand même assez lourd en terme de travail.

Votre vie a donc changé depuis ce nouvel emploi du temps

Depuis la rentrée je fais du yoga pilates deux fois par semaine parce que j’ai le temps alors qu’avant c’était carrément impossible. On m’aurait demandé de continuer j’aurais sans doute refait un an mais je pense que cela aurait été dangereux pour ma santé. Ça plus les tournées, je n’avais aucun repos. Je me couchais, je me relevais à une heure du matin pour voir si mes collaborateurs avaient ajouté quelque chose sur les documents en ligne, je corrigeais, je me levais à six heures et demie… J’ai pris du plaisir mais c’était quand même très très intensif.

La scène et le regard du public avant tout

Pouvez-vous nous donner votre ordre de préférence entre la presse, la radio, la télé et la scène. Dans lequel vous sentez vous la plus libre ?

Scène, radio, presse et télé en dernier. C’est sur scène que je me sens la plus libre parce qu’il n’y a pas de trace. Même la radio est filmée maintenant donc on doit tout le temps faire attention à être bien maquillée, bien coiffée… Sur scène, oui je fais attention mais il y a une liberté. On peut oser faire plus de choses qu’à la radio ou la télé. Et puis pour la presse écrite, chaque mot doit être pesé. Parfois dans le spectacle je pars sur des impros, je ne sais pas où je vais. Il y a 15 minutes sur l’actu et donc, par la force des choses, le show change tous les jours.

Du coup, bien que votre one woman show Aimons nous les uns les autres ait débuté en 2015, vous n’éprouvez pas de lassitude à le jouer depuis tout ce temps.

Le spectacle a été créé à l’Olympia le 2 février 2015 et également diffusé au cinéma donc c’était un peu Rock n Roll mais ça c’est bien passé. Je ne m’en lasse pas car je le change, il a évolué, bougé. Certains sketchs sont partis, de nouveaux sont arrivés. Toute la partie sur l’actu a complétement changé. Ce n’est pas le même spectacle qu’au départ. Mais c’est vrai qu’après je vais l’arrêter et en faire un autre.

Vous serez en représentation à l’Olympia le 4 novembre prochain (dernière représentation parisienne du spectacle) et en profiterez pour célébrer vos 30 ans de carrière. Avez-vous remarqué une évolution vis-à-vis du regard que l’on portait sur vous mais aussi sur les femmes humoristes en général ?

C’est sûr que quand j’ai démarré il y avait très peu de femmes humoristes. Il y avait Sylvie Joly, Zouc, Muriel Robin, Valérie Lemercier, on n’était pas beaucoup. Maintenant il y en a plein. Je trouve ça bien parce qu’on a longtemps été minoritaires.

Le regard que l’on porte sur moi forcément il évolue mais moi aussi j’ai évolué en 30 ans. J’avais 22 ans, j’en ai aujourd’hui 52 donc j’ai changé beaucoup de choses. Cependant, je pense qu’avec le temps on acquiert, pas forcément un détachement, mais en tout cas on se rend compte que ce n’est pas ça le plus important. Il y a aussi le regard affectueux que porte sur moi le public dans la rue et qui est peut-être le plus significatif à mes yeux. L’autre fois une amie m’a demandé « Mais pourquoi ces gens te regardent tous très gentiment ? ». On pourrait ne pas me connaître, me regarder méchamment. J’ai beaucoup de chance de lire beaucoup de sympathie, d’affection dans le regard des gens que je croise. C’est déjà formidable et c’est une chance que j’essaie de saisir.

La rétrospection d’une artiste à l’incroyable carrière

Sur le plan professionnel, quel a été jusqu’à présent votre meilleur et votre pire souvenir ?

Mes Olympias ont été de très bons souvenirs. Le 2 février 2015, c’était l’anniversaire des 50 ans de mariage de mes parents donc c’était rigolo d’être, ce soir-là, dans cette salle avec eux. Il y a aussi les fois où j’ai joué à l’étranger comme par exemple New-York. On a tellement peur et puis finalement ça se passe bien et on est fier.

Le pire souvenir, je dirais cette émission que j’ai faite en 2012 et qui a duré 3 semaines. Ça s’appelait Roumanoff et les garçons.

Dans l’un de vos sketchs vous dites « Dans la vie il y a ce que tu veux et ce que tu peux. Hôtesse de l’air tu veux, hôtesse de caisse tu peux ». Vous a-t-on déjà tenu un tel discours ?

On ne me l’a jamais dit comme ça mais c’est vrai qu’il y a des choses possibles et d’autres non. Si maintenant je voulais être danseuse étoile, même si je bossais nuit et jour je n’y arriverai pas. Je pense que c’est important d’avoir des rêves mais des rêves possibles sinon on est malheureux.

On se posait la question

Vous seriez où si l’humour n’avait pas fonctionné ?

Je ne sais pas. Je me dis peut-être journaliste parce que j’aime bien poser des questions aux gens.

Si vous pouviez dire un mot à la jeune femme que vous étiez 30 ans en arrière, que lui diriez-vous ?

Je lui dirais : « Calme-toi ma chérie, tout va bien se passer. Ne stresse pas comme ça, respire ça va durer. » Ça ne fait pas très longtemps que je savoure mon succès tellement j’étais dans une espèce de stress, de peur que ça s’arrête. Peut-être que cela a fait que j’ai anticipé et que ma carrière ne s’est pas terminée mais je pense que j’aurais pu traverser toutes ces années en était un peu plus cool, en savourant et profitant plus de la vie sans cette constante anxiété.

Dans votre spectacle vous vous imaginez également brièvement en train de faire du stand-up : Est-ce un rêve pour vous ou plutôt un cauchemar ?

Ni l’un ni l’autre. J’en fais un peu notamment avec Radio Bistro en revenant sur l’actu. Le stand-up c’est avant tout quelqu’un qui parle au public. Bedos, Desproges, Coluche en faisaient. On n’appelait pas ça stand-up à l’époque mais c’en était. Moi souvent je fais des personnages qui font du stand-up. Ce genre humoristique implique aussi une efficacité comique avec pour chaque phrase un rire et ça j’essaie de l’avoir.

En 2015, vous êtes la toute première femme à être entrée dans la collection Les Pensées qui existe depuis 1978. Quel effet cela vous a-t-il fait ?

J’étais fière. Les éditions Cherche Midi ont une collection avec des grands auteurs : Coluche, Desproges, Sacha Guitry… et ils n’avaient pas de femme. Je suis la première, et je n’espère pas la dernière, donc oui j’étais flattée, ça fait plaisir.

Faire rire tout en faisant réfléchir

Quel rôle apporte selon vous l’humour lorsqu’il, parfois comme le vôtre, s’attaque gentiment aux politiciens ? Peut-il entraîner une véritable insurrection ou bien permet-il simplement de rire de situations dont l’aspect comique n’est pas toujours évident de prime abord.

Je pense que cela permet de détendre les gens parce qu’on vit dans une période très angoissante et anxiogène mais après non cela ne va pas provoquer une insurrection (rires) mais ça soulage.

Il semble y avoir en vous une profonde envie de dénoncer. Est-ce une idée ou bien une vérité ? D’où vous vient cette envie ?

Dénoncer est peut-être un terme un peu fort mais je n’aime pas que l’humour soit creux. J’aime qu’il y ait un fond, que l’on dise quelque chose à travers l’humour. Cela ne veut pas dire qu’il doit toujours servir à cela mais j’aime bien que, quand même, tout à coup il y ait du sens.

Retrouvera-t-on cela dans le long-métrage sur les femmes de 50 ans que vous préparez ? Pourquoi avoir choisi ce sujet ?

Parce que je le connais bien (rires). J’ai 52 ans. Je pense qu’il faut parler de ce que l’on connaît.

Mots de la fin

Votre amie Chantal Ladesou a déjà pu dire de vous : « C’était une femme très angoissée et jamais contente de là où elle était. » Est-ce toujours le cas ?

Non mais ça l’a longtemps été. J’étais angoissée, pas contente avec toujours cette envie de plus. C’est vrai que maintenant je suis quand même plus sereine.

Quel est le plus grand rêve qui vous reste encore à réaliser ?

Faire un film et puis j’aimerais aussi écrire une pièce de théâtre.

Après avoir reçu votre Prix SACD 2017 « humour » pour votre one woman show Aimons nous les uns les autres, vous avez tenu un discours dans lequel vous disiez alors : « Aujourd’hui j’ai juste envie de vous dire merci. Ce petit mot tout simple, le premier qu’on apprend aux enfants. Un petit mot de rien du tout qui fait du bien à dire et à entendre. »

Désormais c’est à nous de vous dire merci Anne Roumanoff de nous avoir accordé cette interview.

Merci, je vous en prie

Anne Roumanoff sera en tournée jusqu’au 30 juin 2018 et vous pouvez la retrouver tous les samedis de 11h à 12h30 sur Europe 1.

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