#CharlieHebdo : Nicolas Bedos réagit, « Lais­sez-nous l’ouvrir et risquer notre peau ! »

#CharlieHebdo : Nicolas Bedos réagit, « Lais­sez-nous l’ouvrir et risquer notre peau ! »

L’attentat, survenu au siège de Charlie Hebdo mercredi 7 janvier lors d’une conférence de rédaction, a suscité beaucoup d’émotion dans le monde entier et de nombreuses personnalités ont également montré leur soutien. C’est au tour de Nicolas Bedos, polémiste français, d’apporter son avis sur le sujet. C’est au journal Le Monde qu’il s’est confié.

La censure. Voilà ce que l’humoriste craint le plus depuis ces affreux événements. Ce dernier appréhende le futur de la liberté d’expression, qui pourrait être compromis face aux récents événements. Il déclare :

Le pire est annoncé. Avant, la censure était d’ordre oppor­tu­niste, elle inter­ve­nait pour proté­ger contre la charge des poli­tiques et des asso­cia­tions, lorsqu’on crai­gnait de perdre des lecteurs ou de l’audi­mat.

Il poursuit :

Demain, ils vont nous censurer au nom de notre propre intégrité physique. Si la semaine prochaine, je me fous de la gueule des islamistes radicaux chez Ruquier, il est possible que je sois censuré par ma chaîne parce qu’elle craindra, à raison, que le plateau soit infiltré par trois tarés tirant à vue. La censure sera défensive.

Ce samedi, lors de l’émission On n’est pas couché, diffusée sur France 2, Nicolas Bedos a décidé de ne pas réaliser sa chronique, encore sous le choc de ce qu’il s’était passé. Avec du recul, ce dernier regrette un peu son geste :

Depuis le jour du drame, j’étais partagé entre l’envie de faire place au silence afin de laisser l’émotion nous envahir et celle d’honorer la mémoire de mes camarades Wolinski, Cabu et Tignous. Ils n’auraient pas aimé que l’on se censure, que l’on freine le combat de l’impertinence et que leur mort installe une atmosphère de solennité.

Au cours de son interview, il confie également avoir reçu beaucoup de menaces suite à ses sketchs un peu trop osés. Même si ce dernier a déjà dû faire face à quelques situations inconfortables, il assure qu’il poursuivra son but premier : celui de faire rire, et de dire ce qu’il a envie. Pour lui, la liberté d’expression n’a pas de limites :

Pour que Charb, Cabu et les autres ne soient pas morts pour rien, lais­sez-nous l’ouvrir et risquer notre peau. Quitte à ce qu’on ne puisse plus aller pisser sans être accom­pa­gnés par trois agents de sécu­rité. Si l’on n’est pas suici­daire, il ne faut pas faire ce métier.

Il est également revenu sur sa relation avec les journalistes de Charlie, décédés dans l’attentat, basée sur le respect et le soutien :

Ils envoyaient fréquemment des signes de soutien et de sympathie – et c’était réciproque – dans les moments où l’on se sentait très seul face à la polémique. (…) Quand la twittosphère s’emballait, que les associations commençaient à vous chercher des tares, que la censure pointait le bout de son nez, des gens comme Charb ou Wolinski n’étaient jamais très loin pour envoyer un texto et dire « continue, gars ».

Continuer, c’est ce que compte bien faire l’humoriste, qui n’est pas prêt à mettre sa carrière de côté.

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